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Convention HCR, IDCC 1979

Les jours fériés dans les hôtels, cafés et restaurants et les six jours garantis

La convention HCR accorde 10 jours, en plus du 1er mai, dont 6 jours sont garantis aux salariés justifiant de 1 an d'ancienneté. Un jour garanti reste dû même lorsqu'il tombe un jour de repos ou pendant les congés.

10 jours, en plus du 1er mai prévus par la branche 6 jours garantis, dus même s'ils tombent un jour de repos 1 an d'ancienneté requise, neuf mois cumulés pour les saisonniers

Ce que la convention accorde en matière de jours fériés

La convention HCR prévoit 10 jours, en plus du 1er mai, au bénéfice des salariés qui remplissent la condition d'ancienneté. Parmi ces jours, 6 jours sont dits garantis : ils sont dus au salarié quelle que soit l'organisation du travail, y compris lorsqu'ils coïncident avec un jour de repos hebdomadaire ou avec une période de congés payés. Les autres jours fériés relèvent d'un régime moins protecteur.

Cette distinction est propre à la branche et n'a pas d'équivalent dans le code du travail, qui ne rend obligatoirement chômé que le 1er mai. Elle a été construite pour un secteur où l'activité est souvent la plus forte les jours de fête, et où un salarié pourrait autrement ne jamais bénéficier d'un jour férié.

La condition d'ancienneté

Le bénéfice de ces jours suppose 1 an d'ancienneté dans l'entreprise. Pour les salariés saisonniers, la condition s'apprécie en cumulant les saisons successives, avec une exigence de neuf mois de travail cumulés. Cette règle de cumul est essentielle dans les établissements qui reprennent chaque année les mêmes équipes : un saisonnier de troisième saison peut parfaitement remplir la condition.

Le détail

Comment appliquer la règle

Les jours garantis et les autres

Sur les 10 jours, en plus du 1er mai accordés par la branche, 6 jours sont garantis. Un jour garanti est dû au salarié même lorsqu'il tombe un jour de repos hebdomadaire, un jour habituellement non travaillé pour un temps partiel, ou pendant une période de congés payés. Dans ces cas, il ne disparaît pas : il ouvre droit à une compensation. Les jours fériés non garantis suivent une logique différente et ne donnent pas lieu à compensation lorsqu'ils coïncident avec un jour de repos. Le suivi doit donc distinguer les deux catégories, salarié par salarié, sur l'année civile.

Le 1er mai

Le 1er mai obéit à un régime propre, distinct des 10 jours, en plus du 1er mai accordés par la branche. C'est le seul jour légalement chômé, mais le secteur des hôtels, cafés et restaurants fait partie de ceux où l'activité peut être maintenue. Le salarié qui travaille le 1er mai perçoit alors son salaire habituel, augmenté d'une indemnité égale au salaire de la journée. Cette indemnité n'est pas une majoration au sens des heures supplémentaires : elle s'ajoute au salaire de la journée travaillée. Aucune condition d'ancienneté n'est requise pour en bénéficier.

La régularisation de fin d'année

Le suivi des jours fériés se solde en fin d'année civile. Les jours garantis dont le salarié n'a pas bénéficié doivent d'abord être compensés en repos, dans les six mois. À défaut de compensation dans ce délai, ils sont payés. Cette régularisation suppose un compteur tenu tout au long de l'année, salarié par salarié, et non reconstitué en décembre à partir du calendrier. C'est l'un des points que nous vérifions systématiquement lors d'une reprise de dossier, car le compteur est très souvent absent ou incomplet.

Les saisonniers et les contrats courts

Le saisonnier peut remplir la condition d'ancienneté par cumul de ses saisons successives, à hauteur de neuf mois de travail cumulés. Ses droits à jours fériés se calculent alors au prorata de la durée de sa saison, et se soldent à la fin du contrat s'ils n'ont pas été pris. Pour les contrats très courts, extras compris, la condition d'ancienneté fait le plus souvent obstacle au bénéfice des jours conventionnels, mais le 1er mai reste dû dans ses conditions propres, sans ancienneté. Le solde de tout compte doit refléter ces droits, sous peine de réclamation ultérieure.

Ce que le bulletin doit montrer

Un jour férié doit se lire sur le bulletin : jour chômé et payé, jour travaillé, compensation prise ou indemnité versée. Un compteur de jours fériés garantis, alimenté au fil de l'année, permet au salarié de savoir où il en est et à l'employeur de démontrer qu'il a rempli son obligation. Les régularisations de fin d'année apparaissent alors comme le solde d'un compte suivi, et non comme un versement inexpliqué en décembre. Ce suivi limite fortement les réclamations au moment du départ d'un salarié.

Le sort d'un jour férié selon la situation du salarié

Un même jour férié ne produit pas le même effet selon qu'il est garanti ou non, et selon la situation du salarié ce jour-là. Quatre cas résument l'essentiel.

  • Jour férié garanti tombant un jour normalement travaillé et chômé dans l'établissement : le salarié est payé sans perte de salaire.
  • Jour férié garanti tombant un jour de repos hebdomadaire : le jour reste dû et donne lieu à compensation.
  • Jour férié garanti tombant pendant les congés payés : même règle, le jour reste dû et se compense.
  • Jour férié garanti travaillé : le travail est payé, et le bénéfice du jour subsiste sous forme de compensation.

Pour les jours fériés non garantis, la coïncidence avec un jour de repos ne donne pas lieu à compensation. C'est précisément ce qui justifie de tenir deux compteurs distincts et de savoir, pour chaque salarié, quels jours ont été consommés au titre des jours garantis.

La mécanique de la régularisation

La régularisation intervient à la clôture de l'année civile. Elle consiste à comparer, pour chaque salarié remplissant la condition de 1 an d'ancienneté, les jours garantis dont il a effectivement bénéficié et ceux auxquels il avait droit. L'écart se compense en repos dans les six mois. Passé ce délai, il se paie.

Cette mécanique suppose une donnée que beaucoup d'établissements ne conservent pas : la trace, jour par jour, de ce qui s'est passé pour chaque salarié lors des jours fériés de l'année. Sans elle, la régularisation devient une estimation, contestable par le salarié comme par un contrôleur. Nous tenons ce compteur mensuellement dans les dossiers dont nous avons la charge, ce qui rend la clôture de décembre mécanique plutôt qu'approximative.

Les questions qui reviennent en fin d'année

Deux situations créent régulièrement des désaccords. La première concerne le salarié à temps partiel dont les jours travaillés ne couvrent pas la semaine entière : un jour férié garanti tombant un jour habituellement non travaillé lui reste dû, ce qui surprend souvent l'employeur. La seconde concerne le salarié entré ou sorti en cours d'année, dont les droits se calculent en fonction de sa présence et se soldent avec son dernier bulletin.

Questions fréquentes

Vos questions

Combien de jours fériés la convention HCR accorde-t-elle ?

La branche prévoit 10 jours, en plus du 1er mai. Parmi eux, 6 jours sont garantis, c'est-à-dire dus au salarié même lorsqu'ils coïncident avec un jour de repos hebdomadaire ou une période de congés payés. Le bénéfice de ces jours suppose 1 an d'ancienneté dans l'entreprise, condition appréciée par cumul des saisons pour les salariés saisonniers, à hauteur de neuf mois de travail cumulés. Cette distinction entre jours garantis et jours simplement accordés est propre à la convention : le code du travail, lui, ne rend obligatoirement chômé que le 1er mai, sans condition d'ancienneté.

Un jour férié qui tombe un dimanche de repos est-il perdu ?

S'il s'agit de l'un des 6 jours garantis et que le salarié remplit la condition d'ancienneté, non : le jour reste dû et donne lieu à compensation. La même règle vaut lorsque le jour férié garanti tombe pendant les congés payés du salarié, ou un jour habituellement non travaillé pour un temps partiel. Pour les jours fériés qui ne font pas partie des jours garantis, la coïncidence avec un jour de repos ne donne pas lieu à compensation. C'est la raison pour laquelle il faut suivre séparément les jours garantis consommés et les autres, salarié par salarié, tout au long de l'année civile.

Comment se fait la régularisation de fin d'année ?

Elle se fait à la clôture de l'année civile, salarié par salarié. On compare les jours garantis dont le salarié a bénéficié à ceux auxquels il avait droit compte tenu de son ancienneté et de sa présence. L'écart doit d'abord être compensé en repos, dans les six mois. Si la compensation n'a pas eu lieu dans ce délai, les jours sont payés. Cette régularisation n'a de sens que si un compteur a été tenu pendant l'année : reconstituer en décembre ce qui s'est passé au mois de mai à partir du seul calendrier conduit à des estimations que le salarié peut contester.

Que doit-on payer à un salarié qui travaille le 1er mai ?

Le 1er mai relève d'un régime propre, distinct des jours conventionnels de la branche. Le salarié qui travaille ce jour-là perçoit son salaire habituel pour les heures accomplies, augmenté d'une indemnité égale au salaire de la journée. Aucune condition d'ancienneté n'est exigée : la règle vaut pour tous, y compris un extra appelé pour un service. Cette indemnité ne se confond pas avec les majorations d'heures supplémentaires, qui se calculent séparément si le seuil hebdomadaire est franchi. Le bulletin doit faire apparaître distinctement le salaire de la journée et l'indemnité correspondante.

Peut-on imposer à un salarié de travailler un jour férié ?

Dans les hôtels, cafés et restaurants, oui pour les jours fériés autres que le 1er mai, sous réserve du respect des repos quotidien et hebdomadaire et des durées maximales de travail. Le secteur fait partie de ceux où l'activité peut être maintenue les jours de fête. Le travail un jour férié garanti ne fait pas disparaître le droit conventionnel : le jour reste dû et se compense. Le 1er mai suit une règle distincte, avec l'indemnité égale au salaire de la journée. En pratique, mieux vaut annoncer le planning des jours fériés à l'avance et tenir le compteur des compensations dues.

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