Repos hebdomadaire
Deux jours, fractionnement, report et compensation.
Voir la pageConvention HCR, IDCC 1979
Les congés payés des hôtels, cafés et restaurants suivent le régime légal, sans caisse de branche et sans jours d'ancienneté conventionnels. La convention ajoute en revanche des absences rémunérées que beaucoup d'employeurs ignorent.
Le salarié d'un établissement HCR acquiert 2,5 jours ouvrables par mois de congés payés, sur une période de référence qui court du 1er juin au 31 mai. La convention collective ne modifie pas ce rythme d'acquisition et n'y ajoute aucun jour supplémentaire lié à l'ancienneté, contrairement à ce que prévoient d'autres branches.
La difficulté du secteur ne tient pas à la règle, elle tient à la matière : contrats courts, saisons, extras, arrêts et départs en cours de période. Chacun touche le compteur, et la reprise d'un dossier mal tenu commence par la reconstitution des soldes.
Le détail
Les congés payés s'acquièrent à raison de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, sur une période de référence qui va du 1er juin au 31 mai. Certaines absences sont assimilées à du travail effectif, d'autres non, ce qui explique qu'un salarié absent une partie de l'année n'acquière pas un droit plein. Le solde acquis, pris et restant figure sur le bulletin. C'est le premier point contrôlé en cas de litige.
Le congé principal se prend en principe pendant la période légale de prise des congés, et il peut être fractionné avec l'accord des parties. Lorsqu'une fraction est prise en dehors de cette période, le code du travail ouvre droit, sous conditions, à des jours de fractionnement, sauf renonciation écrite du salarié. La convention HCR ne substitue pas de mécanisme propre à ces règles : ce sont donc les dispositions légales qui s'appliquent, sous réserve d'un accord d'entreprise ou d'un usage plus favorable dans votre établissement.
La convention collective HCR ne prévoit aucun congé supplémentaire d'ancienneté. Le point est contre-intuitif, parce que de nombreuses branches en accordent et parce que la question revient à chaque entretien annuel. Un salarié de longue date acquiert donc le même nombre de jours qu'un salarié récemment embauché, à durée de travail comparable. Si votre établissement accorde des jours supplémentaires, ils relèvent d'un engagement propre, contrat, accord ou usage, qui devient obligatoire.
Les congés pour événements familiaux existent à la fois dans le code du travail et dans le texte conventionnel de 1997. Le barème conventionnel est aujourd'hui, sur plusieurs événements, moins favorable que la loi, qui a été relevée depuis. La règle applicable est celle du plus favorable au salarié, appréciée événement par événement, et non globalement. Appliquer le barème de 1997 par réflexe conduit à accorder moins que le minimum légal, donc à constituer un rappel exigible.
L'avenant n° 34 du 19 juin 2024 a créé une absence rémunérée pour l'enfant malade : 2 jours par an, jusqu'au dixième anniversaire de l'enfant. Il ajoute 3 jours par an en cas d'hospitalisation, jusqu'au seizième anniversaire. Ces droits supposent un an d'ancienneté et un justificatif. Ils sont récents, ils sont rémunérés, et ils sont encore largement méconnus des employeurs comme des salariés, ce qui en fait un point de rappel fréquent lors des audits de paie.
Caisse de congés payés dans les HCR : aucune dans les HCR. Contrairement au bâtiment ou au transport, aucune caisse ne collecte les cotisations ni ne paie les congés à votre place. L'employeur provisionne lui-même la charge et règle les congés sur sa paie, y compris pour les extras et les saisonniers, dont les congés sont réglés sous forme d'indemnité compensatrice de 10 %. Cette provision se suit toute l'année, faute de quoi la trésorerie de fin de saison absorbe seule le solde des contrats terminés.
L'indemnité de congés payés se calcule selon la méthode la plus favorable au salarié, entre le maintien du salaire et la règle du dixième de la rémunération de la période de référence. La comparaison n'est pas facultative et elle se fait salarié par salarié, pas une fois pour toutes au niveau de l'entreprise.
Dans un établissement HCR, l'écart entre les deux méthodes vient rarement du salaire de base. Il vient de ce qui s'ajoute autour : heures supplémentaires structurelles liées à la durée de référence de 39 heures par semaine, majorations de 10 %, 20 % et 50 %, primes et avantages en nature. Un logiciel mal paramétré retient une seule méthode et produit un écart qui se répète chaque mois de congé.
Les salariés en contrat court perçoivent une indemnité compensatrice de congés payés de 10 % au terme de leur contrat, faute d'avoir pu prendre leurs jours. Pour le contrat d'extra, cette indemnité s'ajoute à la rémunération de chaque vacation, sachant que l'indemnité de fin de contrat, elle, est non due. Le saisonnier suit la même logique, avec une difficulté supplémentaire : son ancienneté se cumule d'une saison à l'autre lorsque le contrat est reconduit, ce qui a des effets sur d'autres droits que les congés.
Un compteur de congés payés se vérifie sur trois axes : ce qui a été acquis, ce qui a été pris, et ce qui a été payé. L'écart le plus fréquent porte sur les absences, parce que toutes ne sont pas assimilées à du travail effectif pour l'acquisition, et que le paramétrage par défaut d'un logiciel ne fait pas ce tri à votre place.
Le second écart tient à la période de référence. Un établissement qui a changé d'outil transporte parfois des soldes arrêtés à une mauvaise date. La correction se fait en partant des bulletins d'origine, jamais en réinitialisant le compteur.
Questions fréquentes
Non. La convention collective des hôtels, cafés, restaurants ne prévoit aucun congé supplémentaire d'ancienneté. Un salarié présent depuis quinze ans acquiert le même droit qu'un salarié embauché l'an dernier, soit 2,5 jours ouvrables par mois. La confusion vient d'autres branches, qui accordent des jours à partir d'un certain nombre d'années, et de la disparition de plusieurs dispositifs propres au secteur. Si votre établissement octroie des jours supplémentaires, ils reposent sur le contrat, un accord d'entreprise ou un usage. Dans ce cas ils sont dus, et leur suppression suppose une procédure, pas une simple décision.
Du 1er juin au 31 mai. C'est la période de référence de droit commun, que la convention HCR ne modifie pas. Le salarié acquiert 2,5 jours ouvrables par mois, au fil des mois de travail effectif ou assimilé. Cette période sert de base au calcul de l'indemnité selon la règle du dixième, ce qui la rend structurante bien au-delà du simple décompte des jours. Un changement d'outil de paie ou une reprise de dossier en cours d'année reste le moment où les soldes se perdent : le contrôle consiste à recaler chaque compteur sur les bulletins d'origine, salarié par salarié.
Il peut en ouvrir, selon les règles du code du travail, lorsqu'une fraction du congé principal est prise en dehors de la période légale de prise. La convention HCR ne substitue pas de dispositif propre à ces règles, qui s'appliquent donc dans leurs conditions habituelles, y compris la possibilité pour le salarié de renoncer par écrit à ces jours. Dans un secteur qui étale les congés hors saison touristique, la question se pose chaque année pour une partie de l'effectif. Elle se traite au moment de la validation des dates, pas au moment du solde.
Le salarié bénéficie de congés pour événements familiaux, prévus à la fois par le code du travail et par le texte conventionnel de 1997. Le barème conventionnel étant sur plusieurs événements moins favorable que la loi actuelle, c'est la règle la plus favorable au salarié qui s'applique, événement par événement. Appliquer le barème de 1997 par habitude revient à accorder moins que le minimum légal, ce qui expose à un rappel. La comparaison se fait à chaque demande, en fonction de l'événement invoqué et des justificatifs produits, et elle se documente dans le dossier du salarié.
L'avenant n° 34 du 19 juin 2024 ouvre 2 jours par an d'absence rémunérée pour la maladie d'un enfant, jusqu'à son dixième anniversaire, et 3 jours par an en cas d'hospitalisation, jusqu'à son seizième anniversaire. Un an d'ancienneté est requis, et l'absence doit être justifiée. Ce droit est rémunéré, ce qui le distingue du congé légal pour enfant malade, non rémunéré. Il est récent et encore mal connu, y compris des salariés. Nous le paramétrons dès la mise en place du dossier, avec une rubrique distincte sur le bulletin pour qu'il reste identifiable.
Non. Caisse de congés payés : aucune dans les HCR. Le secteur n'a pas d'organisme collecteur comparable à ceux du bâtiment ou du transport. L'employeur provisionne la charge et paie lui-même les congés, y compris ceux des extras et des saisonniers, réglés sous forme d'indemnité compensatrice de 10 %. La conséquence est financière autant que juridique : une saison de contrats courts génère une charge qui se concentre en fin de période. Suivre cette provision au mois le mois évite de la découvrir au moment des soldes de tout compte.
Pour aller plus loin
Deux jours, fractionnement, report et compensation.
Voir la pageDix jours plus le 1er mai, dont six garantis.
Voir la pageDurée, reconduction, fin de saison, personnel logé.
Voir la pagePremier contact
Nous repartons de vos bulletins d'origine pour recaler les soldes acquis, pris et payés, salarié par salarié. Les écarts vous sont présentés par écrit avant toute correction.