Mutuelle frais de santé
Régime de branche, taux, dispenses, portabilité.
Voir la pageConvention HCR, IDCC 1979
La prévoyance de branche s'impose à tous les salariés d'un hôtel, d'un café ou d'un restaurant, dès le premier jour de leur contrat. Elle se distingue du régime de frais de santé par ses garanties, ses taux et sa répartition.
La prévoyance est le régime qui prend le relais du salaire quand un salarié ne peut plus travailler durablement, ou quand il décède. Dans les hôtels, cafés et restaurants, elle repose sur un régime de branche obligatoire, distinct du régime de frais de santé, applicable à tous les salariés de l'établissement dès le premier jour de leur contrat.
Beaucoup d'exploitants confondent les deux régimes parce que leurs lignes se suivent sur le bulletin. La mutuelle rembourse des soins. La prévoyance verse un capital aux bénéficiaires en cas de décès, des indemnités quand l'arrêt de travail se prolonge, une rente quand l'incapacité devient une invalidité. Les taux, les assiettes et les personnes protégées ne sont pas les mêmes.
L'affiliation ne dépend ni de la nature du contrat ni de sa durée. Un extra appelé pour un service, un saisonnier engagé pour l'été, un apprenti en alternance relèvent du régime comme un salarié en contrat à durée indéterminée. Les seules sorties possibles sont les dispenses d'affiliation prévues par les textes, qui obéissent à un formalisme dont l'employeur supporte seul les conséquences.
Le détail
Le régime de prévoyance de la branche couvre le décès, l'incapacité temporaire de travail et l'invalidité. Le décès donne lieu au versement d'un capital aux bénéficiaires désignés par le salarié ou, à défaut de désignation, à ses ayants droit. L'incapacité prolonge l'indemnisation au-delà de la période de maintien de salaire supportée par l'employeur. L'invalidité intervient quand l'état est consolidé et que la capacité de gain reste durablement réduite. Les niveaux de garantie sont fixés par le régime conventionnel et repris dans le contrat souscrit auprès de l'organisme assureur. Ils se lisent dans la notice remise au salarié, pas sur le bulletin.
La cotisation des non-cadres s'élève à 0,86 % de la tranche A et se partage à parts égales entre l'employeur et le salarié. Celle des cadres s'élève à 1,50 % de la tranche A et reste à la charge exclusive de l'employeur, une fraction de cette cotisation étant affectée en priorité à la garantie décès. L'assiette est la tranche de rémunération qui n'excède pas 4 005 €. Sur un bulletin d'hôtel ou de restaurant, ces lignes doivent apparaître distinctement de celles du régime de frais de santé, faute de quoi personne ne peut vérifier ce qui a été prélevé ni à quel titre.
Tous les salariés sont affiliés, sans condition tenant à la forme du contrat. Un contrat à durée déterminée, une vacation d'extra, une saison d'été, un contrat d'apprentissage ouvrent la même obligation qu'un contrat à durée indéterminée. L'affiliation se fait à l'embauche, en même temps que la déclaration préalable, et non à la fin du mois quand la paie est établie. Dans un établissement qui emploie beaucoup de contrats courts, c'est la ligne la plus souvent oubliée, et celle qui se retrouve en tête des observations lors d'un contrôle.
Une dispense d'affiliation ne se décide pas, elle se demande. Elle doit être écrite, émaner du salarié lui-même, viser un cas prévu par les textes et être conservée par l'employeur pendant toute la relation de travail. Une dispense donnée oralement, présumée parce que le salarié a un autre contrat, ou reconstituée après coup n'existe pas. Les dispenses non formalisées font perdre au régime son caractère collectif et obligatoire, ce qui entraîne la réintégration des contributions patronales dans l'assiette des cotisations sur toute la période vérifiée.
L'employeur choisit librement l'organisme auprès duquel il assure ses salariés. La branche ne peut plus lui imposer un assureur désigné. Cette liberté a une contrepartie : le contrat souscrit doit couvrir au moins les garanties du régime conventionnel, risque par risque. Un contrat moins protecteur ne dispense pas l'employeur de son obligation, il l'expose à devoir la différence le jour où un salarié décède ou reste durablement arrêté. Avant de signer ou de changer d'assureur, la comparaison se fait garantie par garantie, pas sur le seul montant de la cotisation.
La prévoyance n'intervient pas dès le premier jour d'arrêt : une franchise de 90 jours continus s'applique en incapacité de travail. Pendant cette période, le salarié perçoit les indemnités journalières de la sécurité sociale et, s'il remplit les conditions d'ancienneté, le maintien de salaire à la charge de l'employeur. Ce n'est qu'au terme de la franchise que l'organisme assureur prend le relais.
Cette articulation explique la plupart des litiges. Un cuisinier arrêté plusieurs mois voit son revenu baisser par paliers, chaque palier correspondant à la fin d'une prise en charge. L'employeur qui ne sait pas dire à quel moment la prévoyance démarre laisse le salarié découvrir seul un trou de trésorerie. La déclaration à l'organisme doit d'ailleurs être faite en temps utile, sans attendre que l'arrêt se prolonge.
Une dispense non écrite est le défaut le plus coûteux du dossier de protection sociale. Le raisonnement du contrôle est simple : si un salarié de l'établissement n'est pas affilié sans justification conforme, le régime n'est plus collectif. Il perd alors le bénéfice de l'exclusion d'assiette, et les contributions patronales versées pour l'ensemble du personnel sont réintégrées dans l'assiette des cotisations.
Le régime de frais de santé obéit à des règles propres. Sa cotisation s'élève à 1,37 % du plafond mensuel, répartie 50 % employeur, 50 % salarie, et le maintien des garanties après la rupture du contrat s'organise selon la portabilité, jusqu a 12 mois. Pour certains contrats courts, le versement santé, dont le montant mensuel de référence s'établit à 22,27 €, se substitue à l'affiliation lorsque les conditions en sont réunies.
Confondre les deux régimes conduit à des erreurs qui se voient : un salarié dispensé de mutuelle mais présumé dispensé de prévoyance, une cotisation de prévoyance calculée sur la même assiette que la santé, un apprenti affilié à l'une et pas à l'autre. Sur un dossier HCR, les deux régimes se paramètrent séparément et se contrôlent séparément.
Le dossier de prévoyance se relit au moins une fois par an. La liste des affiliés est comparée au registre unique du personnel, les dispenses en cours sont revues, les taux appliqués sont confrontés au régime conventionnel et au contrat d'assurance, les désignations de bénéficiaires en cas de décès sont vérifiées quand le salarié en a remis une. La notice d'information doit avoir été remise à chaque salarié, et la preuve de cette remise conservée.
Questions fréquentes
Oui. Le régime de prévoyance de branche s'applique dès le premier jour de contrat, quelle que soit sa forme et quelle que soit sa durée. Un extra engagé pour une seule vacation relève du régime comme un salarié permanent, au même titre qu'un saisonnier ou qu'un apprenti. C'est un point régulièrement négligé dans les établissements qui emploient beaucoup de contrats courts, parce que l'affiliation semble disproportionnée au regard d'une soirée travaillée. Elle est pourtant due, et son absence se relève facilement en comparant le registre unique du personnel aux états de l'organisme assureur. Si vous estimez qu'un cas de dispense s'applique, il doit être demandé par écrit par le salarié.
Non, sauf à entrer dans un cas de dispense prévu par les textes, qu'il doit demander lui-même par écrit. Le régime est obligatoire : le refus de principe n'existe pas. Une dispense accordée en dehors des cas prévus, ou accordée sans écrit conservé, fait perdre au régime son caractère collectif. La conséquence ne pèse pas sur le salarié mais sur l'employeur, qui voit les contributions patronales réintégrées dans l'assiette des cotisations, pour l'ensemble du personnel et sur la période contrôlée. Quand un salarié invoque une couverture par ailleurs, la règle est de lui faire écrire sa demande, de vérifier qu'elle correspond à un cas admis, et de classer le document.
Cela dépend du statut. Pour les non-cadres, la cotisation de 0,86 % de la tranche A se partage à parts égales entre l'employeur et le salarié : une part patronale, une part salariale visible sur le bulletin. Pour les cadres, la cotisation de 1,50 % de la tranche A est à la charge exclusive de l'employeur, avec une fraction affectée en priorité à la garantie décès. L'assiette retenue est la tranche de rémunération qui n'excède pas 4 005 €. Ces règles ne se négocient pas au contrat de travail : un salarié ne peut pas accepter de prendre à sa charge une part patronale, et un employeur ne peut pas transférer sur le salarié une cotisation qui lui incombe.
Après la franchise de 90 jours continus en incapacité de travail. Pendant cette période, le salarié perçoit les indemnités journalières de la sécurité sociale et, s'il remplit les conditions, le maintien de salaire dû par l'employeur. L'organisme assureur intervient ensuite, selon les garanties du contrat souscrit. La déclaration de l'arrêt à l'organisme ne doit pas attendre le terme de la franchise : elle se fait dès que la prolongation est connue, faute de quoi l'indemnisation démarre en retard et le salarié se retrouve sans ressources pendant plusieurs semaines. Le calendrier des prises en charge doit être expliqué au salarié dès le début d'un arrêt long.
Oui. Le choix de l'organisme appartient à l'employeur, la branche ne pouvant plus imposer un assureur désigné. La seule condition, mais elle est ferme, tient au niveau de garanties : le contrat souscrit doit couvrir au moins ce que prévoit le régime conventionnel, risque par risque. Une comparaison faite sur le seul montant de la cotisation ne suffit pas. Si le contrat retenu est moins protecteur sur un point, le salarié ou ses ayants droit peuvent réclamer à l'employeur la différence entre ce qu'ils ont perçu et ce que le régime conventionnel prévoyait. Cette vérification se fait avant la signature, et à nouveau à chaque changement d'assureur.
Elles se maintiennent un temps, sans cotisation supplémentaire, au titre de la portabilité, à condition que la rupture ouvre droit à l'assurance chômage et que le salarié ne soit pas licencié pour faute lourde. Pour les frais de santé, ce maintien peut aller jusqu a 12 mois, dans la limite de la durée du dernier contrat. L'employeur doit signaler le départ à l'organisme et mentionner le maintien sur le certificat de travail. Un oubli à ce stade se retourne contre l'établissement si l'ancien salarié subit un sinistre pendant la période où il aurait dû rester couvert. Le point se traite au moment du solde de tout compte, pas plusieurs mois après.
Pour aller plus loin
Régime de branche, taux, dispenses, portabilité.
Voir la pageDurée, reconduction, fin de saison, personnel logé.
Voir la pageEmbauches, absences, arrêts, soldes de tout compte, registre du personnel.
Voir la pagePremier contact
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